Imaginons une seconde. Imaginons que la vague
"anti-facebook" qui submerge la geekosphère
(*) depuis quelques semaines devienne énorme, gigantesque et parvienne à convaincre un très grand nombre d'utilisateurs de quitter le navire.
Quelles alternatives aujourd'hui pour les millions d'utilisateurs de
Facebook ? Existe-t-il un autre service capable de satisfaire les besoins crées par la firme de Mark Zuckerberg ? Comment Tata Josette va-t-elle bien pouvoir faire partager sa passion pour le curling sur le net, une fois
Facebook mort et enterré ?
MySpace, le réseau des mélomanes est
"mort",
Twitter, mon réseau favoris, est certainement trop spécifique et
"pauvre" en apparence pour le
"très grand public", quand à leurs copies qui vivotent et musardent sur le web ... inutile d'en parler.
Les espoirs se portent actuellement sur
Diaspora, une alternative à
Facebook open-source, décentralisée et sécurisée. Mais soyons réalistes, le projet a déjà du plomb dans l'aile :
Tout d'abord, parce que l'anthousiasme généré par l'idée d'un échappatoire à
Facebook a su inciter
4600 personnes à faire un don au projet pour un total de
175 000 Dollars, ce qui est à la fois énorme et trop peu :
Énorme pour un projet dont on a pas encore vu le premier byte, minuscule pour un projet censé offrir une alternative viable à
Facebook.
Ensuite, parce que le succès d'un service comme
Facebook tient en grande partie à sa facilité d'adhésion : Quelles contraintes techniques la décentralisation des données entrainera t-elle pour l'utilisateur final, qui, rappelons-le, est parfois infoutu de mettre son navigateur à jour alors qu'il tourne sous
Internet Explorer 6 depuis
2001, et qui donc accordera plus facilement ses faveurs à un service moins éthique mais plus simple à utiliser ?
Diantre, mais que va t-il se passer ?
Plusieurs cas de figures, bien entendu. L'hypothèse la plus probable, à mon sens, est la suivante :
Peu concernés par ces problèmes, jusqu'à ce que ça devienne
"has been", les
KikooLols (de tous ages) resterons sur
Facebook.N'oublions pas que, s'ils sont loin de représenter l'intégralité des utilisateurs du service, ils constituent une force énorme qui a su propulser
SkyBlog aux sommets au milieu des années 2000.
Les autres continueront certainement à jouer sur les deux tableaux : Critiquer
Facebook tout en y envoyant toujours plus de contenu, comme ils
"liveTweetent" jusqu'à la nausée les horreurs de cette télé-réalité qu'ils
"detestent".
La
"diaspora numérique" que certains espèrent ou redoute n'est sans doute pas prête de se produire : Bourrés de contradictions que nous sommes, nous continuerons à nous scandaliser du manque d'éthique de certains, tout en profitant au maximum de ce système que l'on réprouve.
Ceci étant dit, je vous encourage toutes et tous à
quitter Facebook le Lundi 31 Mai 
...
* : Néologisme de l'ami Poupi - Geekosphère